Sommaire
1. D’abord, devenir résident fiscal au Maroc
Tout part de votre résidence fiscale. Le Code général des impôts marocain vous considère comme résident si vous avez au Maroc votre foyer permanent d’habitation, le centre de vos intérêts économiques, ou si vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours.
Attention : passer plus de 183 jours au Maroc ne suffit pas toujours à cesser d’être résident fiscal en France. Si votre foyer, votre famille ou vos revenus principaux restent en France, l’administration française peut continuer à vous considérer comme résident. Le vrai déménagement de votre vie compte autant que le nombre de jours.
2. Quelle pension est imposée où ?
La France et le Maroc ont signé une convention fiscale qui évite la double imposition. Dans les grandes lignes, une fois que vous êtes résident marocain :
- Les pensions de source privée (régime général, retraites complémentaires du privé) sont en règle générale imposables au Maroc, votre nouveau pays de résidence.
- Les pensions publiques (anciens fonctionnaires de l’État, des collectivités, des hôpitaux) restent en général imposables en France.
- Pour que la caisse française cesse de prélever l’impôt sur une pension imposable au Maroc, elle vous demandera une attestation de résidence fiscale marocaine : c’est le rôle du formulaire 5000, certifié par l’administration fiscale marocaine.
3. L’abattement : une grande partie de la pension n’est pas taxée
Avant de calculer l’impôt, le Maroc retire un abattement forfaitaire sur le montant brut annuel de la pension (article 60 du Code général des impôts) :
- 70 % sur la part de la pension jusqu’à 168 000 dirhams par an ;
- 40 % sur la part qui dépasse 168 000 dirhams.
4. La réduction de 80 % : la règle qui change tout
C’est l’avantage le plus connu. Si vous transférez définitivement votre pension étrangère au Maroc, sur un compte en dirhams non convertibles, vous bénéficiez d’une réduction de 80 % de l’impôt dû sur la part transférée (article 76 du Code général des impôts).
Pour en profiter, gardez chaque année deux documents : l’attestation de versement de la pension délivrée par votre caisse de retraite, et l’attestation bancaire qui indique le montant reçu en devises et son équivalent en dirhams à la date du transfert. Sans ces attestations, la réduction peut vous être refusée.
5. Le barème de l’impôt sur le revenu
| Revenu net imposable (DH par an) | Taux | Somme à déduire (DH) |
|---|---|---|
| 0 à 40 000 | 0 % | 0 |
| 40 001 à 60 000 | 10 % | 4 000 |
| 60 001 à 80 000 | 20 % | 10 000 |
| 80 001 à 100 000 | 30 % | 18 000 |
| 100 001 à 180 000 | 34 % | 22 000 |
| Au-delà de 180 000 | 37 % | 27 400 |
Après l’abattement, le revenu restant est soumis au barème progressif en vigueur depuis le 1er janvier 2025 :
6. Exemple chiffré
Prenons une pension privée de 240 000 DH brut par an, entièrement transférée en dirhams non convertibles. Ce calcul est simplifié et sert seulement à comprendre le mécanisme.
- Abattement : 70 % de 168 000 = 117 600 DH, plus 40 % des 72 000 DH restants = 28 800 DH. Total : 146 400 DH.
- Revenu net imposable : 240 000 − 146 400 = 93 600 DH.
- Impôt selon le barème : 93 600 × 30 % − 18 000 = 10 080 DH.
- Réduction de 80 % : il reste 2 016 DH d’impôt par an, soit environ 0,8 % de la pension.
7. Déclarer chaque année
La déclaration du revenu global se fait en ligne, sur le service SIMPL-IR de la Direction générale des impôts, avant le 1er mars de chaque année. Pour les revenus de 2025, la date limite était le 2 mars 2026.
Si vous êtes MRE et avez aussi cotisé au Maroc : depuis le 1er janvier 2026, les pensions des régimes de base marocains (CNSS, CMR, RCAR régime général) sont exonérées d’impôt sur le revenu. Les retraites complémentaires restent imposables.
Avant de vous décider
Ces règles sont avantageuses, mais chaque situation est différente : pension publique ou privée, revenus locatifs restés en France, conjoint resté en France, biens à l’étranger. Avant de partir, faites confirmer votre cas par le service des impôts des particuliers non-résidents en France et par la Direction générale des impôts au Maroc, ou par un conseiller fiscal.
Questions fréquentes
Suis-je obligé de transférer toute ma pension au Maroc ?
Non. Mais la réduction de 80 % porte seulement sur l’impôt correspondant à la part transférée définitivement en dirhams non convertibles.
Une pension de fonctionnaire français est-elle imposée au Maroc ?
En règle générale, non : la convention fiscale réserve l’imposition des pensions publiques à la France. Faites confirmer votre cas avant de partir.
Combien de jours faut-il passer au Maroc ?
Plus de 183 jours sur 365 est l’un des critères de la résidence fiscale marocaine. Le foyer permanent et le centre des intérêts économiques comptent aussi, côté marocain comme côté français.
Pour aller plus loin
Sources
- Direction générale des impôts — Note sur les mesures fiscales de la loi de finances 2025 (barème, pensions de base)
- Clicpaie — IR sur les pensions de retraite au Maroc, articles 60 et 76 du CGI (mis à jour le 19 mars 2026)
- Bladi.net — Retraite au Maroc : la réduction de 80 % et les attestations (25 janvier 2026)
- Bladi.net — Retraités étrangers : attestations bancaires et date limite du 2 mars 2026
- Cabinet Simonnet — Résidence fiscale marocaine et fisc français
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l’avis de l’administration ou d’un professionnel. Une erreur ? Écrivez à contact@sinstalleraumaroc.org.